Les cichlidés font partie des plus beaux poissons. Leurs couleurs n'ont souvent rien à envier aux poissons coraliens.
Qu'il s'agissent de poissons coraliens, de cichlidés ou autres, les couleurs des poissons ont une double origine:
Elles sont liées à la présence dans le derme de "cellules de la coloration": les chromatophores qui sont de 2 types.
Dépend de la présence de mélanophores contenant un pigment noir, la mélanine qui est synthétisée à partir de la tyrosine (acide aminé).
Sont aussi des couleurs pigmentaires dues à la présence de caroténoides (dans les érythrophores) et de xanthoptéridines (dans les xantophores).
Il faut noter que ces pigments rouges et jaunes peuvent coexister au sein d'un même chromatophore (érythrophore ou xanthophore). (Mills, et al., 2009).
Si les xanthoptéridines peuvent être synthétisées par le poisson, les caroténoides ont une origine uniquement exogène et sont apportés par l'alimentation.
Chez de rares poissons (poissons mandarins) existe un pigment bleu contenu dans des biochromes (cyanophores), ce pigment est très rare chez les vertébrés et n'est sans doute pas à l'origine de la coloration bleue des cichlidés.
Le bleu « pétant » de nos protégés est une couleur structurale (effet Tyndall). Ceci grâce à la présence de schémochromes du derme (les iridiodophores). Les iridiophores sont des cellules contenant des petites plaquettes constituées le plus souvent de microcristaux de guanine (base azotée rentrant en particulier dans la composition de l'ADN). La couleur bleue est obtenue par diffusion de la lumière à travers le milieu ainsi constitué. Les rayonnements rouges et jaunes traversent le milieu, alors que les rayonnements de faible longueur d'onde (bleus) sont réfléchis.

Le monde des cichlidophiles est parfois surprenant, certains ne jurent que par les Malawi, d'autres ne voient dans les Malawi que des poissons jaunes et bleus et sont des inconditionnels des Victoria voir des Tanganyika. Personnellement je ne limiterai pas les Malawi à des poissons jaunes et bleus, il y a aussi de jolis rouges cf. C. borleyi (kadango). Mais il est probable qu'il y ait plus de poissons « rouges » ou « verts » dans le lac Victoria que dans le Malawi.
Ceci tient sans doute à la nature du milieu qui diffère dans les deux lacs, où en particulier la qualité de l'eau n'est pas la même.
Des études sur la vision des Cichlidés semblent confirmer que la sensibilité visuelle des cichlidés du Victoria est plus marquée pour les longueurs d'ondes longues (rouge, vert), à l'inverse des cichlidés du Malawi pour lesquels la sensibilité visuelle est plus marquée pour les longueurs faibles (bleu, jaune). (Carleton, et al.) Il est même possible que certains Mbunas du Malawi voient les UV et aient développés une vision tétrachromatique (UV, bleu, jaune, rouge).
Dans ces 2 lacs il y a eu selection d'un gêne (pour la couleur) permettant aux Cichlidés de bien voir (adaptation au milieu), en privilégiant au niveau des cônes rétiniens des récepteurs lumineux (pigmentaires)sensibles à la qualité de la lumière présente.